Aujourd'hui (lundi 14 novembre) à 14 heures, le tribunal de grande instance de Cusset, dans l'Allier, devrait examiner en audience civile une affaire peu banale. Jean-Philippe Bryk, joueur invétéré depuis plus de 10 ans, a décidé d'assigner en justice la société Casino du Grand Café, qu'il accuse d'être responsable de sa « maladie » du jeu. Cet accro des machines à sous a en effet perdu près de 600 000 euros dans les « bandits manchots » de ce casino de Vichy.
Quand il a commencé à jouer aux machines à sous il y a environ 10 ans, M. Brick a bénéficié de ce que l'on appelle communément la « chance des débutants » en gagnant un premier jackpot de 10 000 francs (1 500 euros), puis une semaine plus tard, en décrochant le gros lot de 100 000 francs (15 000 euros). Mais le démon du jeu a vite fait de s'emparer de l'heureux gagnant dont les pertes s'accumulent et qui se voit obliger de demander de l'argent à ses amis et à la banque. Un soir, il en vient même à menacer sa femme.
Au Grand Café, M. Brick jouit du statut de VIP : il bénéficie de toutes sortes d'avantages comme des consommations et des repas gratuits, et des facilités de caisse. Ce genre de traitement de faveur, aurait expliqué M. Brick, n'a fait qu'alimenter son vice pour les machines à sous. Il affirme que le Grand Café a joué un rôle actif dans cette descente aux enfers en abusant de sa vulnérabilité.
Mais la société des casinos Partouche, qui possède 50 établissements de jeux en France, dont le Grand Café, a bien l'intention de se défendre. Pour son porte-parole, la démarche de M. Bryk serait malhonnête et la société entend le prouver. En effet, si M. Bryk avait gagné, aurait déclaré le porte-parole des casinos Partouche, il ne se serait probablement pas plaint de cette « addiction ». |